le sentiment du temps

Publié le par andoar

Les Calendriers

 

                    Le sentiment du temps qui passe régit toute notre vie et l’a fait de tout temps. Là où nous sommes, le besoin de mesurer des durées, des moments... de se placer dans l’histoire, existe réellement et ne peut être évité. Une difficulté a alors toujours existé : notre perception des durées est relative et varie aussi bien selon la personne que selon le moment. Qui n’a jamais, intéressé par une discussion, un cours, pensé alors qu’il regardait sa montre " Tiens, une heure s’est déjà passée ! Je ne pensais être là que depuis 5 minutes !!! " Une société a donc besoin de régler ce temps, de faire que, pour chacun, l’heure, le jour... soit le même (en Grèce, la diversité des calendriers, qui variaient selon les régions, posait beaucoup de problèmes !).

                    Chaque civilisation doit alors choisir un repère, une façon de faire coïncider ce que nous appelons " calendrier ", avec des phénomènes cycliques (pour les problèmes des temps plus brefs voir outils de mesure du temps) Le choix de ce repère se porte alors, naturellement, sur les astres, souvent employés déjà pour régler les tâches agricoles ou, dans une échelle plus brève, la durée du sommeil, du travail ... Selon l’époque, les connaissances astronomiques, le régime en vigueur, le choix se porte sur telle ou telle étoile, telle ou telle planète. Le cycle solaire et les lunaisons sont des étalons de durée qui servent souvent de base à ce calendrier, comme au Moyen Orient. Ce sont en effet des phénomènes à la fois évidents, faciles à observer pour tous, et pouvant être calculés de façon précise (les Mayas connaissaient déjà, à quelques minutes près la durée de ces cycles !).

                    Un système de mois, basé le plus souvent sur les lunaisons, est associé à une année principalement solaire et à un système de jours faisant apparaître l’alternance jour/nuit.

                    Les difficultés se déclarent alors, dues à des définitions que l’on pourrait qualifier " d’imparfaites ", ou plutôt, de " variables " : qu’est-ce que l’année ? Doit elle être définie comme l’intervalle qui sépare deux solstices, ou bien deux passages du soleil au même endroit ? Doit on alors prendre le nombre de jours, entier, qui se rapproche le plus du phénomène, ou un nombre entier de semaines, de mois ? A ceci se rajoute le problème de la numérotation ou de l’appellation des jours, des mois, des années : celle-ci doit-elle débuter un 1er Janvier (ou l’équivalent) ? Pourquoi ne pas plutôt la faire commencer en été ou au printemps ?

                    Tous ces problèmes sont résolus différemment selon les civilisations et les époques, et c’est là l’originalité principale de chaque calendrier, dans lesquels des solutions, des appellations différentes, souvent régies par les dignitaires de la religion en place (on peut prendre l'exemple frappant du calendrier romain), ont été choisies.

                  

                     De nos jours, le calendrier grégorien (romain) a été adopté par tous et les astronomes ont défini un calendrier universel, servant à trouver le jour de la semaine pour n'importe quelle date, de l'an 1 à l'an 2500!!

 

 

 

Babylone

 

        Les lunaisons constituent les divisions de référence de ce calendrier. Comme celles-ci comportent 29.5 jours environ (la durée du cycle lunaire avait été calculé à 29 j 12 h 44 min 2.8 s, soit 0.5 secondes de moins que la valeur admise actuellement ! ), les peuples de Mésopotamie choisissent de faire alterner les mois de 29 et de 30 jours.

        Au début de l'empire Babylonien, les astronomes ayant constaté que les éclipses lunaires se produisaient en moyenne tous les 6 mois, l'année de 177 jours, correspondant à cette période, fut adoptée.

        Mais l'année basée sur le cycle solaire correspondant à deux ans basés sur le cycle lunaire n'était guère pratique pour établir les calendriers agricoles, et l'année de 354 jours fut donc adoptée (12 mois lunaires).

 

        Cependant, l'année nouvellement créée n'est toujours pas exactement en accord avec le soleil. Voulant conserver le système de mois lunaires, les astronomes décidèrent d'ajouter, approximativement tous les trois ans, un mois. Il fut alors admis que c'etait le monarque qui devait décider, avec l'aide des astronomes, d'ajouter ou non le mois. Il publiait ainsi un décret, lorsque ses conseillers avaient remarqué que le lever héliaque d'une étoile avait lieu durant un mois inhabituel.

 

 

Rome

 

            Le calendrier Romain, qui est celui que nous utilisons, n'a pas toujours été tel que nous le connaissons actuellement : plusieurs réformes ont été nécessaires pour le rendre de plus en plus précis. Ces réformes ont, en majorité, été controllées par l'Eglise et les empereurs, sur les conseils des astronomes.

            Dans la première réforme, des noms de dieux sont choisis, sous l'influence de l'Eglise, pour former le nom des mois. Par exemple, le premier mois, martius vient de Mars, dieu de la guerre, aprilis provient de Aperta, surnom d'Apollon (dieu de l'amour), tandis que le troisième est dédié à Maius (Jupiter), et le quatrième, à Junon.

            Lors de la seconde réforme, un cycle de 4 ans, comportant 1465 jours (ramenant l'année moyenne à 366.25 jours, donc une journée plus longue qu'elle n'aurait dû avoir) entre en vigueur. Supprimer un jour par an, et donc ramener le nombre de jour à un nombre pair (donc à un nombre néfaste), était alors impensable, surtout dans une société influencée par la religion. Il suffisait alors, lorsque l'on s'apercevait que l'année était en retard par rapport au soleil, de supprimer l'intercalation de Mercédonius, mois correspondant à notre février, ou réciproquement. Cette tâche fut confiée, par un décret, aux pontifes qui ne disposaient alors d'aucune donnée astronomique. Lorsque l'on sait que Mercédonius n'existait pas réellement dans le droit romain (par exemple, un créancier pouvait avoir 22 jours de plus pour payer ses dettes ! ), on comprend l'absurdité de cette loi qui n'avait pas prévue les manipulations qui suivirent. Ceci conduit finalement au décalage total du calendrier sur le soleil, et donc à un mécontentement des paysans qui ne pouvaient plus fixer de date pour les semences et les récoltes.

 

        Ce contexte incita Jules César, qui régnait à ce moment, à faire une nouvelle réforme du calendrier. Pour cela, il fit appel à Sosigène, un astronome d'Alexandrie qui jouissait alors d'une grande réputation.

 

          Il doit être noté que, après la mort de César, en 710 AUC (710 ans après la fondation de Rome (datée de l’an 753 avant notre ère)), les pontifes chargés de la réforme, à qui les astronomes avaient indiqué qu'une année de 366 jours était intercalée tous les quatre ans, crurent bon de compter l'année en cours dans le cycle de 4 ans. Ce cycle fut donc réduit à 3 ans (cette erreur est presque normale, puisque dans tous les textes religieux, les écclésiastiques utilisaient ce système de comptage un peu spécial). Ainsi, cette erreur dura jusqu'en 746, date à laquelle Auguste se rendit compte du décalage de 3 jours de l'année (12 jours avaient été intercalés au lieu de 9). Il fut donc décidé qu'aucune année ne comporterait 366 jours jusque en 761, date à laquelle tout rentra dans l'ordre.

    Un moyen fut alors mis en place pour déterminer si une année devait être ou non bissextile: celle-ci devait s'écrire sous la forme d'un multiple de 4 plus une année. (4x +1)

    Par exemple, 765 = 764 + 1= (4 x 191) + 1 Cette année est donc une année bissextile.

 

 

La grèce

 

            Les Grecs ne disposaient pas d'un unique calendrier, mais de plusieurs, chacun correspondant à une cité ou à une région. La Grèce, en effet, était alors faite de plusieurs cités-états. Selon les villes, les provinces, les régions, les calendriers variaient, ce qui posait des problèmes aux Grecs. Une solution fut trouvée en prenant  le calendrier d'Athènes, qui dominait alors la Grèce, comme référence. On dispose aussi de ceux de Délos, de Delphe, de Crète, d'Ionie, le calendrier d'Athènes restant le plus connu. Les bases des différents cycles restent les mêmes.

            Il est intéressant de remarquer que le calendrier "officiel",  étant trop compliqué pour un usage civil, alors que les communications entre régions étaient très faibles, fut uniquement usité par les astronomes et les mathématiciens qui avaient besoin de repères très précis.

 

 

L'Egypte

               

            Le calendrier Egyptien n'a été créé que pour les besoins de l'agriculture.

            Définissant alors l’année comme "le temps nécessaire pour une récolte ", les Egyptiens nomment celle-ci "rempit", et la représentent sous la forme d’un hiéroglyphe composé d’une jeune pousse et d’un bourgeon. Ayant abandonné très tôt le système basé sur les lunaisons réelles, ils utilisent des mois civils et divisent l’année en 3 saisons, basées sur le Nil et ses crues :

- akhit, période d’inondations.

- perit, saison fraîche correspondant à la décrue du fleuve.

- chemou, saison des récoltes, équivalent à de notre saison chaude (été).

 

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Publié dans alliés substanciels

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