Ovide

Publié le par andoar

Publius Ovidius Naso est né à Sulmone dans les Abruzzes en 43 av J.C. D'origine équestre, il étudia à Rome ou il fut d'après Sénèque le Père un élève brillant de rhéteurs célèbres.Grâce aux bons soins de son père il fit avec son ami Aemilus Macer un voyage de plusieurs années en Grèce.De retour à Rome, il se tourne vers la littérature et la poésie.

L'oeuvre

Il écrit des poèmes érotiques plus en hommes de lettres qu'en amoureux passionné (les Amours, l'Art d'aimer). En cinq livres, puis en trois, il définit son écriture personnelle et traite parfois avec ironie de thème comme la maladie de la femme aimée,la coquetterie,les jalousies,la joie du premier triomphe. Les Heroïdes lettres en vers de femmes abandonnées auront une longue postérité aussi bien en langue latine que vulgaire.Il écrit également des poèmes plus compliqués et savants comme les Métamorphoses composée de quinze livres en hexamètres dactyliques; Son entreprise a été de rassembler en les classant selon une chronologie légendaire allant du chaos au règne d'Auguste toutes les légendes concernant les métamorphoses d'êtres humains en plantes,astres, oiseaux etc.. En mêm temps il travaille aux Fastes le poème du calendrier romain.Ovide a commenté avec beaucoup de soin les mythes et les rites sans renoncer aux problèmes de l'amour. Cette oeuvre reste inachevée à cause de l'exil soudain qui frappe le poète sur l'ordre d'Auguste. Lors de son exil il écrit des élégies (les Tristes,les Pontiques).

L'exil

Les véritables raisons de l'exil d'Ovide restent inconnues. Officiellement il est condamné pour avoir composé l'Art d'Aimer et choqué l'empereur. Cependant il l existe plusieurs hypothèses: la première est qu'il aurait mécontenté Livie en participant à une intrigue visant à substituer à Tibère comme héritier au trône le jeune Agrippa, la seconde est qu'il aurait été complice et témoin des débordements de Julie la petite-fille de l'empereur et enfin selon la troisième hypothèse Auguste aurait pris ombrage des convictions pythagoriciennes d'Ovide qui le conduisait à se livrer à des opérations de divination sur l'avenir de l'empereur.

A Rome une nuit de novembre de l'an 8 apr J.C, des soldats frappent à la porte de la demeure d'Ovide. Par ordre de l'empereur, il doit quitter au plus vite la capitale. Sa troisième femme et ses serviteurs ont beau se lamenter, Ovide est contraint d'obéir. Ovide gagne Brindes où il s'embarque pour des contrées inconnues; La traversée est pénible car cette période de l'année est mauvaise. Au port de Cenchrées en Grèce, il change de vaisseau. A Tempyre sur la côte de Thrace, il quitte le navire et se met sous la protection du gouverneur qui lui donne une escorte pour atteindre le Pont-Euxin. Il réembarque et après un nouveau voyage touche le port de Tomes le terme de son voyage. Tout de suite Tomes et ses environs lui paraissent sinistres Il écrit dans les Tristes et les Pontiques: "Je ne puis supporter ce climat, je ne suis pas faît à ces eaux et cette terre me déplaît" Les indigènes sont des rustres ne parlant même pas le latin mais un grec déformé par les mots du patois local. Ovide en dit" Si je regarde les hommes, ce sont des hommes à peine dignes de ce nom et qui ont plus de sauvage férocité que les loups". Jour après jour, Ovide confiera sa détresse à la poésie. Il garde cependant espoir, pensant que ses amis intercéderont pour lui auprès de l'empereur. Mais les années passent. Peu à peu tout espoir de retour est abandonné par le poète. En l'an 14 Auguste meurt mais Tibère ne prend pas la peine de faire revenir Ovide. Les infirmités dues à la rudesse du climat et à une hygiène déplorable commencent à avoir raison du corps du poète. La mort vient enfin alors qu'il n'a toujours pas revu Rome. Ovide s'éteint en l'an 17 ap J.C après neuf ans d'exil. Il avait écrit à sa femme "Fais que mes os soient rapportés dans une petite urne! Ainsi lorsque je serais mort je ne serais plus exilé." Ce souhait ultime ne sera pas exaucé et Ovide repose toujours quelque part près de Tomes.

2° L'âge d'argent

Saturne fut envoyé dans le Tartare ténébreux et le monde passa sous la domination de Jupiter; alors arriva l'âge d'argent, moins parfait que l'âge d'or, mais plus appréciable que celui du bronze aux reflets fauves. Jupiter raccourcit la durée de l'antique printemps. Il partagea l'année en quatre saisons: hiver, été, automne variable et printemps éphémère. Alors, pour la première fois, l'air brûlé par les sécheresses torrides s'embrasa et des glaçons s'accrochèrent, figés par les vents. Alors, pour la première fois, les gens entrèrent dans des maisons : les cavernes furent des demeures, ainsi que les branchages denses et les rameaux liés par des écorces. Alors, pour la première fois, les semences de Cérès furent enfouies dans de longs sillons et les taureaux gémirent sous le poids du joug.

Ovide, Métamorphoses, I, 113 - 124

3° L'âge de bronze

Lui succéda le troisième âge, celui de bronze : d'un tempérament plus sauvage et plus porté sur les armes effrayantes, sans être criminel cependant.

Ovide, Métamorphoses, 125 - 127

Fable troisième
Le premier âge du monde fut appelé l’Age d’or, parce que l’homme y gardait sa foi, sans y être contraint par les lois, parce que de son propre mouvement il cultivait la Justice, et qu’il ne connaissait point d’autres biens que la simplicité et l’innocence. La peine et la crainte en étaient entièrement bannies ; et comme il n’y avait point de criminels, il n’y avait point de supplices ni de lois qui en ordonnassent. On n’appréhendait point de paraître en la présence d’un Juge ; et tout le monde était assuré sans avoir besoin de Juge. Les pins n’avaient pas encore été coupés pour être convertis en vaisseaux ; et de ces belles montagnes, dont ils étaient les ornements, ils n’étaient pas descendus dans la Mer, pour aller voir un monde inconnu.
Les hommes ne connaissaient point d’autres terres que les terres où ils étaient nés. Il n’y avait point de fossés qui environnassent les Villes, et qui les défendissent par leur profondeur. Il n’y avait point de trompettes, il n’y avait point d’épées, ni de toutes ces autres armes, qui ne protègent les uns qu’à la ruine des autres ; et les Peuples toujours paisibles, passaient doucement leur vie, sans devoir leur tranquillité à la force des gens de guerre. Ainsi la terre donnait libéralement toutes choses, sans y être contrainte par la bêche ou par la charrue ; et les hommes satisfaits de ce qu’elle donnait d’elle-même, faisaient leurs meilleurs repas des fruits qu’ils trouvaient dans les forêts, de ceux qu’ils cueillaient dans les buissons, et du gland qui tombait des chênes. Le Printemps était éternel, et la douce humidité de l’haleine des Zephirs entretenait l’éclat des fleurs, après les avoir fait naître, sans avoir été semées. En même temps qu’on avait coupé les blés, la terre en produisait de nouveaux, sans que le Laboureur se mit en peine de la cultiver. On voyait couler partout des fleuves de lait et de nectar ; et les forêts avaient des arbres d’où l’on voyait distiller le miel.

Ovide. Les métamorphoses, Traduction de Pierre Du Ryer, Amsterdam : P. et J. Blaeu : Janssons a Waesberge : Boom ey Goethals, 1702, 574 p., Gallica n° 72208

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Publié dans alliés substanciels

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