Parménide

Publié le par andoar

v. 515 av. J.-C.-v. 440 av. J.-C.), philosophe grec présocratique, considéré comme le représentant le plus prestigieux de l’école d’Élée.

Des sources divergentes, émanant notamment de Diogène Laërce en font un disciple de Xénophane, tandis que dans le Parménide, Platon, qui revendique également son parrainage, le désigne comme le maître de Zénon. Parménide pourrait avoir été contemporain d’Héraclite.

Il ne reste de l’œuvre de Parménide que quelques fragments, le Prologue et un Discours, restituant une centaine de vers de ce qui composait à l’origine un long poème didactique, écrit dans un style archaïque, ce qui en rend l’interprétation quelque peu difficile. De la nature peut toutefois être considéré comme l’écrit fondateur de l’ontologie occidentale.

Le poème conte le voyage initiatique d’un héros mené, dans un char guidé par des bêtes, «créatures connaissantes», vers une déesse qui lui fera plusieurs révélations. La première consiste à choisir entre deux voies — soit, deux méthodes de discours : «la route du Jour et la route de la Nuit», consistant respectivement à considérer que l’Être est, et que le Non-Être est. Ce dernier chemin n’a pas d’issue et est condamné par Parménide, et avec lui toutes les incohérences du discours.

L’affirmation que «l’être est» est aussi le modèle du discours vrai, c’est-à-dire celui d’où émerge la vérité absolue.

Au discours de la vérité absolue, il est possible d’apposer celui de la doxa, ou opinion. C’est ce discours que tiendra la déesse dans la suite de ses révélations à celui qu’on peut identifier comme Parménide lui-même, discours annoncé comme étant «un arrangement trompeur de mots». La déesse prononce ainsi un discours, mêlé de vérités et de mensonges, ou du moins «vraisemblable», faisant état de deux natures du monde, l’une de lumière, et l’autre de ténèbres. Cette révélation a pour objet, en fait, les phénomènes de la nature, que Parménide qualifie d’apparences dues à l’erreur humaine : ils semblent exister, mais ne possèdent aucune existence réelle. De même, Parménide considère que la réalité, l’Être Vrai, ne peut être appréhendée que par la raison et non par les sens.

Cette conviction fait de Parménide un précurseur de l’idéalisme de Platon. La doctrine de Parménide selon laquelle l’être ne peut surgir du non-être et qu’il ne peut ni naître, ni disparaître, a été appliquée à la matière par ses successeurs, notamment Empédocle et Démocrite, qui en font le fondement de leur pensée matérialiste de l’Univers.

 

« Apprends donc toutes choses
Et aussi bien le cœur exempt de tremblement
Propre à la vérité bellement circulaire,
Que les opinions des mortels,dans lesquelles
Il n'est rien qui soit vrai ni digne de crédit. »
(Diogène Laërce, IX, 22)
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Publié dans alliés substanciels

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