Orphée

Publié le par andoar

FRAGMENTS

Ces fragments sont tirés des Stromates de saint Clément d'Alexandrie ; mais ils portent un tel caractère de doctrine chrétienne que le lecteur doit les considérer comme une preuve de plus que l'école d'Alexandrie n'a pas été étrangère à la réaction des oeuvres d'Orphée.

I.

II n'y a qu'un seul pouvoir, qu'une seule divinité, le vaste ciel qui nous entoure de ses feux ! Lui seul a loin créé. En lui roule la création, le feu, l'eau et la terre.

II.

Dieu fait toujours naître une douleur des félicités humaines. Ce sont les horreurs de la guerre et les larmes qu'elles font couler.

III.

De sa main droite, il (Dieu) touche de toutes parts aux extrémités de l'Océan, et la terre roule sous ses pieds. 

IV.

A DIEU.

Roi de l'air et des enfers, roi de la terre et des ondes, toi dont le tonnerre ébranle l'Olympe, toi que redoutent les Génies et que craignent les dieux, toi à qui obéissent les Parques inflexibles pour tout autre ; père immortel de la mère (ou toi qui es à la fois le père et la mère), toi dont la colère secoue le monde entier, toi qui déchaînes les vents, enveloppes la terre de nuages et sillonnes de tourbillons de feu la vaste étendue des airs ; la loi qui régit les astres et qui marque le temps de leurs révolutions émane de toi ; auprès de ton trône étincelant se tiennent les anges infatigables, dont la tache est de veiller aux besoins des mortels et à l'accomplissement de leurs devoirs. Le printemps qui se couronne de fleurs nouvelles et qui se pare de ses brillantes couleurs, est une création de ta volonté comme également l'hiver avec les nuages glacés qui l'environnent : et les fruits de l'automne, les raisins de Bacchus, c'est encore à toi que nous les devons .....
Inaccessible aux coups de la mort, ton nom ne peut se révéler qu'à des immortels. Viens, ô le plus grand des dieux ! accompagné de l'inflexible nécessité ; viens, dieu terrible, invincible, grand immortel, toi que l'air couronne. 

V.

Tout te qu'il cachait dans le sanctuaire de son cur, il le fit éclater à la brillante lumière du soleil sous la forme des grandes actions. 

VI.

Aie toujours les yeux fixés sur les préceptes divins et ne les en détache pas : scrute toujours d'un regard sévère les profondeurs intellectuelles de ton âme, marche d'un pas ferme dans la voie droite et ne contemple que le roi immortel de l'univers. 

VII.

Il (Dieu) ne s'est révélé qu'à un descendant d'une famille chaldéenne. Cet homme connaissait le cours du soleil et la révolution circulaire que cet astre, toujours à la même distance de son axe, accomplit autour du globe terrestre. Il savait aussi comment le même astre guide autour des flots ses coursiers rapides comme les vents .
...... Inébranlable, il est assis au plus haut du ciel sur un trône d'or et la terre roule sous ses pieds. De la main droite, il touche aux extrémités de l'océan : sa colère ébranle les montagnes jusque dans leurs fondements ; elles ne peuvent supporter le poids de son courroux. Il est partout quoique le ciel soit sa demeure, et c'est lui qui accomplit toutes choses sur la terre, car il est le commencement, le milieu et la fin de toutes choses. Que dis-je ? il n'est pas même permis de le nommer. Rien que de penser à lui, tout mon corps frissonne ; car c'est lui qui d'en haut dirige tout ici-bas

 

HYMNES

TRADUITES PAR M. ERNEST FALCONNET.

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I.

LE PARFUM DE LA DÉESSE QUI VEILLE AUX PORTES.

Le Styrax.

Écoute mes chants, ô vénérable déesse, toi qui protèges les couches des femmes, toi qui aimes les mystères de la génération ; protectrice du sexe féminin, déesse qui présides aux noces, salut. Tu es douce, tu es bonne, tu es agréable pour tous les hommes. Tu habites les édifices de tous les mortels et tu fréquentes leurs festins. Tu es invisible, mais tu veilles toujours à tous les enfantements. Tu prends pitié de ceux qui sont difficiles et tu te réjouis de ceux qui se multiplient. C'est toi qu'invoquent les femmes enceintes, toi qui peux apporter un allégement à leurs souffrances, car c'est toi qui toujours veilles sur la partie de la femme où cesse le sein. O Artémise bienveillante, de qui dépendent les heureuses délivrances, accorde-moi une agréable progéniture, préside aux douleurs des femmes qui accouchent, et conserve-les comme les conserve Junon l'excellente protectrice.

II.

LE PARFUM DE LA NUIT.

Je t'invoque, ô déesse qui engendres les dieux et les hommes. La nuit est le principe de toutes choses. Écoute-moi, grande déesse, tour a tour voilée d'obscurité ou couverte d'un brillant manteau d'étoiles. Tu aimes les lieux habités par le sommeil silencieux et par l'agréable paresse ; bonne déesse qui te plais aux festins, la mère des songes, ennemis de toutes les inquiétudes, et du repos, la plus tranquille de toutes les choses. Amie de tous, précédée du crépuscule, tu habites tour à tour la terre et le ciel ; tu viens du Tartare et tu retournes à l'Orcus en chassant devant toi la lumière, car les lois éternelles des choses t'y contraignent irrévocablement. Sois présente à nos chants, ô vénérable déesse aimée de tous, écoute les humbles prières de ceux qui te supplient ; déesse, viens à nous en fuyant les images incertaines du crépuscule.

III.

PARFUM D'OURANOS.  

L'encens

Ouranos, père de toutes choses, partie éternellement agissante du monde, principe et fin de tout l'univers, toi qui fais rouler la terre dans des cercles immenses, demeure des immortels qui tournes en tourbillonnant dans les sphères infinies, dieu céleste et terrestre qui gardes et qui voiles toutes choses, qui résumes en toi seul toutes les lois éternelles de la nature, père éternel, puissant, indomptable, changeant toujours de forme, protecteur universel, créateur de Saturne, le plus grand des dieux, viens à mes prières et accorde la vie au jeune enfant qui sert les mystères.

IV.

PARFUM DE L'ÉTHER.

Le Safran.

Flamme sacrée, qui veilles éternellement dans les palais élevés de Jupiter, portion toute puissante des étoiles, du soleil et de la lune, Éther dominateur de toutes choses, ardeur vivante de tout ce qui respire, toi qui règnes dans les hauteurs azurées, noble élément du monde, fleur flamboyante, rayon radieux, je te supplie avec prière d'être pour moi innocent et tempéré.

V.

PARFUM DU PRIMIGENIUS (DU PREMIER ÉLÉMENT GÉNÉRATEUR.)

La Myrrhe.

Je t'invoque grand couple primigène, toi qui vogues dans les airs et qui te soutiens sur des ailes d'or, semence génitrice et féconde des dieux et des hommes, divinité célèbre et mémorable sur la terre primitive, noble germe des autres divinités, qui as éloigné de tous les yeux la profonde obscurité qui les aveuglait dans le principe, toi qui planes sur les murailles du monde soutenu par tes ailes qui sont des signes favorables, toi qui répands la lumière et qui as pris de là le nom de Phanète (Lunus), dieu de la nuit, bienheureux immortel, sois-nous favorable, assiste aux sacrifices des prêtres , aux expiations universelles qu'ils te présentent.

VI.

PARFUM DES ASTRES.

Les Aromates.

Lumière flamboyante, signaux brillants du ciel, je vous invoque d'une chaste voix, vous et les génies du firmament arrondi, astres étincelants du monde, compagnons bien-aimés de la nuit, parcourant dans vos immenses orbites toutes les cavités du ciel , origine primitive de toutes choses , vous qui annoncez les destinées et indiquez les lois sévères de l'avenir ! flambeaux de la route du firmament indiquée aux premiers mortels, tribuns aériens du camp céleste, nation inquiète, toujours vague et voyageuse, nation nocturne, éparse sur le manteau sombre des nuits, flammes scintillantes, joyeuses et pleines de vigilance, je vous invoque pour les mystères sacrés de votre culte : faites briller une lueur favorable aux sacrifices par lesquels nous vous adorons.

VII.

PARFUM DU SOLEIL.

L'Encens.

O dieu dont l'il éternel embrasse tous les ouvrages, Titan illustre, lumière toute-puissante, lumière infatigable, miroir animé de tout ce qui respire, père du matin lorsque tu es sur la droite, et de la nuit quand tu arrives à gauche, modérateur du temps, traîné par quatre chevaux à la course retentissante ; torrent de feu, aimable divinité, achevant la course par un rapide tourbillon ;  conducteur favorable des hommes pieux et hostile aux méchants ; toi qui sur ta lyre fais entendre des sons harmonieux , maître des ouvrages qui réussissent, père des tempêtes, dieu tout-puissant , rayonnant et agile, oeil du monde étoilé, qui meurs et revis chaque jour dans des flammes immortelles ; grand inquisiteur de la justice, maître du monde, fils de Jupiter, toujours présent pour les mortels, lumière de la vie , toi qui de ton fouet sifflant précipites la course de ton char attelé de quatre chevaux, nous te supplions, accorde une vie heureuse aux jeunes enfant qui se dévouent à tes mystères.

VIII. 

PARFUM DE LA LUNE.

Les Aromates.

O reine puissante, Séléné, la plus illustre des vierges, lune vigilante, habitante des airs, compagne fidèle de la nuit, lune escortée de tes fidèles étoiles, tour à tour nouvelle et devenant plus vieille, toujours brillante ; mère des siècles, toi qui protèges tous les hommes, légère de sommeil, et présidant aux signes enflammés des cieux, amante de la joie aimable et de la paix, sois présente, ô vierge splendide, brillante , étoilée, protège nos sacrifices.

IX.

PARFUM DE LA NATURE.

Les Aromates.

Nature toute-puissante, habile et sachant toutes choses, ouvrière majestueuse, reine superbe, victorieuse et invincible, vivante pour tous, la plus honorable, la plus magnifique de toutes les choses i;vierge née la première, vierge éternelle, force toute-puissante qui guides dans la nuit les étoiles des cieux, vierge dont les pieds rapides ne posent à terre que des traces légères ; toi qui ornes les dieux, fin infinie de toutes choses, commune à tous et inconnue dans tes secrètes profondeurs, née de toi-même sans père, illustre par tes vertus ; divinité merveilleuse et fleurie qui portes en toi toute les divinités ; divinité qui produis et nourris tout, qui habites le ciel et la terre et qui imposes encore tes lois aux ondes toutes-puissantes, toujours redoutable aux méchants et toujours amie des justes ; reine toute-puissante, victorieuse, éternelle ; déesse des jeunes gens et des hommes ; père et mère de tous, nourricière bienfaisante ; toute-puissante et bienheureuse déesse, perfection de toutes choses, sagesse universelle qui te meus régulièrement dans l'univers ; honorable et majestueuse déesse qui prends toutes les formes, qui dictes des lois aux mortels et qui fais courber sous ton sceptre la tête des rois ; reine intrépide, dominatrice universelle, fleur de la vie éternelle, immortelle déesse, toi seule es tout, car toi seule produis toutes choses. Je te supplie, toi et les Saisons bienveillantes, de me donner la paix et la santé et d'accroître toutes choses.

X.

PARFUM DE PAN.

Tous les Encens.

J'invoque Pan, substance universelle du monde, du ciel, de la mer profonde, de la terre aux formes variées et de la flamme impérissable. Ce ne sont là que des membres dispersés de Pan. Pan aux pieds de chèvres, dieu vagabond, maître des tempêtes, qui fais rouler les astres et dont la voix figure les concerts éternels du monde, dieu aimé des bouviers et des pasteurs qui affectionnent les claires fontaines, dieu rapide qui habites les collines, ami du son, dieu chéri des nymphes, dieu qui engendres toutes choses, puissance procréatrice de l'univers, habitant des antres, dieu irascible, armé de cornes de boucs par la volonté de Jupiter ; c'est sur toi que reposent les limites solides de la terre génératrice, les flots bruyants de la mer éternelle et l'océan qui enveloppe la terre de ses ondes salées ; c'est en toi que repose une portion de l'air et le feu, puissant élément de toutes choses, base de la flamme éternelle c'est à toi que sont soumis tous les divins éléments : tes ordres puissants changent les lois de la nature et tu peux augmenter à ton gré le nombre des années de la vie des mortels. Père tout-puissant, père triomphateur, accepte ces libations, permet que ma vie ait une fin juste et favorable, et éloigne des limites de la terre toutes les terreurs paniques.

XI.

PARFUM D'HERCULE.

L'encens.

Salut, père Titan, Hercule au cur plein de courage, doué d'une force prodigieuse : dieu invincible aux vastes mains, habile aux combats les plus terribles, père du Temps, éternel et bienveillant, dieu aux formes changeantes, dieu sauvage, invoqué par d'innombrables prières, dominateur tout-puissant, au grand cur, aux membres solides, divinité d'un augure favorable ; dieu procréateur, dieu illustre qui soumets toutes choses et domptes les monstres féroces, né de ton propre génie, race invincible de la terre ; dieu favorable, animé par la flamme éternellement primitive, toi qui portes sur ta tête le matin et la nuit couverte d'épaisses ténèbres, toi qui depuis ta naissance jusqu'à ta mort as supporté douze combats illustres, qui tour à tour as su te passer des immortels et t'es assis parmi eux, sois-nous propice, apporte-nous les remèdes qui charment les maladies, donne-nous des augures favorables, éloigne avec tes mains sacrées les fièvres dangereuses et chasse les maux terribles à l'aide de tes flèches rapides.

XII.

PARFUM DE SATURNE.

Le Styrax.

Souche illustre des hommes et des dieux qui habitent le ciel, Titan tout-puissant, fertile en ruses et doué d'une force prodigieuse, qui résumes toutes choses et qui termines toutes choses, lié par des chaînes mystérieuses à travers les silencieuses plaines de la terre. Saturne père du Temps, Saturne plein de fourberie, engendré par la terre et par le ciel peuplé d'étoiles ; souche primitive, Titan indestructible, dieu favorable, qui par tes membres es présent sur toute la surface du globe, sois propice à nos vux, apporte aux mortels une fin heureuse pour leur vie.

XIII.

PARFUM DE RHÉA.

Les Aromates.

Vénérable Rhéa mère des dieux primigènes, aux formes variées ; vierge qui aimes le bruit des cymbales et le retentissement des tambours, mère puissante de Jupiter, déesse prompte à secourir les hommes, déesse belle et honorée qui partages la couche auguste de Saturne ; toi qui te plais sur les montagnes et qui aimes les hurlements sacrés des hommes, majesté bienveillante, douée d'une force prodigieuse, mère des dieux qui habitent le ciel et des hommes mortels ! c'est de toi que procèdent la terre et le ciel élevé, et la mer salée et les vents qui courent sur le monde. Déesse illustre, sois-nous favorable, protége-nous, donne-nous la paix et l'abondance de tous les biens et chasse loin de nous les pestes, les dangers et toutes les choses terribles.

XIV.

PARFUM DE JUPITER.

Le Styrax.

O vénérable Jupiter ! Jupiter éternel, nous te présentons nos prières, nos témoignages et nos vux. O Jupiter ! toutes choses dépendent de ta divinité : la terre et les sommets immenses de la terre, les montagnes et la mer, et tout ce que l'air environne de son fluide élément, tout cela c'est à toi. Jupiter, fils de Saturne, générateur universel , commencement et fin de toutes choses ; Jupiter, qui tiens dans tes mains le tonnerre, les éclairs et la foudre, écoute-moi favorablement, accorde-moi la paix divine et le bonheur des richesses.

XV.

PARFUM DE JUNON.

Les Aromates.

O reine Junon ! illustre épouse de Jupiter, assise dans tes demeures aériennes et voilées d'azur, qui par de doux zéphyrs favorables charme le cur des mortels, mère des nuages, génératrice des vents ! sans toi le souffle de la vie n'est pas respirable : tu pénètres toutes choses en te mêlant au souffle des vents, seule tu règnes sur toute la nature, tu la domines toute entière ; tu viens jusqu'à nous, divine Junon, dans les sifflements de l'air ; je t'en conjure, divine déesse, grande reine, viens à nous et sois-nous favorable en souriant de ta lèvre bienveillante.

XVI.

LE PARFUM DE NEPTUNE.

La Myrrhe.

Écoute-moi . Neptune à la chevelure mouillée par les ondes salées de la mer, Neptune traîné par de rapides coursiers et tenant dans la main ton trident acéré, toi qui habites toujours les immenses profondeurs de la mer, roi des ondes, toi qui presses la terre de tes eaux tumultueuses, toi qui lances au loin l'écume et qui conduis à travers les flots ton rapide quadrige ; dieu azuré à qui le sort accorda l'empire des mers, toi qui aimes ton troupeau armé d'écailles et les eaux salées de l'océan, arrête-toi sur les bords de la terre, donne un bon souffle aux navires et ajoutes-y pour nous la paix, le salut et les dons dorés des richesses.

XVII.

SUR PLUTON.

Magnanime Pluton, toi qui parcours les espaces sombres des enfers, le Tartare obscur et les immensités silencieuses voilées par les ténèbres, je t'implore en t'offrant un don favorable ; toi qui environnes de tous côtés la terre, qui produis toutes choses, toi qui as obtenu par le sort l'empire de l'Averne, demeure des immortels, dernière demeure des hommes, tu n'as pour empire que des champs environnés de ténèbres, les champs de l'Achéron lointain, éternel, inexorable, et le noir Achéron lui-même, sombre ceinture de la terre ; toi qui tiens tes droits sur les hommes des largesses de la mort, dieu puissant qui, vaincu par l'amour, enlevas la fille de Cérès au milieu d'un pré fleuri et l'entraînas sur ton char à travers les plaines azurées de la mer jusqu'à l'autre d'Ahtide, où sont les portes de l'Averne ; dieu qui sais toutes les choses connues ou inconnues, dieu puissant, dieu illustre, dieu très-saint, qui te réjouis des louanges et du culte sacré de tes autels, sois-nous propice, je t'en supplie, sois favorable à la foule qui te vénère.

XVIII.

PARFUM DE JUPITER TONNANT.

Le Styrax.

O Jupiter, qui parcours les lieux enflammés du monde retentissant, toi dont les flammes pétillantes effraient tous les esprits, dont la foudre sacrée ébranle la demeure des immortels, toi qui roules dans le ciel le torrent retentissant de tes feux, toi qui diriges les nuages, les traits rougis et les tonnerres, et qui enveloppes. de tes traits tout ce qui est animé, toi qui vomis la flamme et le bruit et qui sèmes les ruines sur ton passage ! Foudre terrible accompagnée d'une effroyable crinière, messagère ardente d'une main victorieuse, toi qui dévores tout arme indomptable et horrible, qui plonges toutes choses dans l'horreur et le tumulte, arme de Jupiter, trait rapide qui traverses les cieux précédé d'une flamme vengeresse, la terre nourricière, féconde, l'océan salé, les siècles vivants te craignent lorsque ton bruit épouvantable se fait entendre : alors on voit une lueur et un éclair rouge, et tu lances dans le ciel, dieu puissant, tu lances ta foudre étincelante. O dieu, répands ta colère sur les mers salées et sur les sommets élevés : nous connaissons ta force ! Favorise nos sacrifices, accorde à nos esprits des dons favorables, les biens de la vie, et la force et la santé, et la paix des honorables dieux, et accorde-nous aussi une nourriture toujours conforme à nos désirs.

XIX

PARFUM DE JUPITER FOUDROYANT.

Encens du Liban.

Je supplie Jupiter foudroyant, roi tout-puissant qui régit toutes choses, dieu enflammé, retentissant, qui habite les airs et commande aux nuages qui engendrent la foudre, dieu terrible, indomptable et invincible, d'accorder à mon existence une fin tranquille et heureuse.

XX.

PARFUM DES NUAGES.

La Myrrhe.

Nuages aériens, voyageurs célestes, générateurs de tous les fruits , vous qui renfermez dans votre sein les trésors de la pluie, vous qui parcourez le monde poussés par la forte haleine des zéphyrs, nuages foudroyants, enflammés, retentissants, vous qui tour à tour répandez dans l'air un inimitable murmure ou qui faites entendre d'affreux sifflements sous le souffle des tempêtes, je vous supplie maintenant de verser sur la terre, avec de doux vents, les pluies fertiles qui fécondent les fruits.

XXI.

PARFUM DE LA MER.

L'Encens du Liban.

Je t'en supplie, Thétis aux yeux bleus, à la robe d'azur, qui habites les immensités charmantes de la mer, poussée par de doux zéphyrs jusqu'aux extrémités de la terre, toi qui fais entendre sur tes rives de délicieux murmures, fière des vaisseaux que tu portes, toi qui nourris dans ton sein de nombreux troupeaux de poissons, mère de Vénus, mère des nuages ténébreux, mère de toutes les fontaines qui se répandent en douces ondes, sois-nous propice, bénis nos vux et envoie à nos vaisseaux les vents favorables.

XXII.

ENCENS DE NÉRÉE.

La Myrrhe.

O toi qui commandes au monde liquide et qui, au sein de ton empire azuré, te réjouis des quatre-vingts vierges qui sont tes filles, dieu de la mer, puissant Nérée, base de l'océan, borne de la terre, principe de toutes choses, foi qui ébranles l'univers quand tu précipites dans les cavernes tes flots tumultueux, sois-nous propice, respecte la terre et envoie à tes prêtres sacrés la paix, les richesses et le bonheur.

XXIII.

PARFUM DES NÉRÉIDES.

Les Aromates.

Filles de Nérée, charmantes nymphes aux beaux yeux, vous qui vivez sous les eaux, habitantes des ondes agitées, vous qui au nombre de quatre-vingts voguez à la surface des mers et suivez les chars des Tritons, en vous mêlant aux génies nombreux demi-monstres que nourrit le liquide élément, à tous ceux qui habitent les mers et parcourent leur immensité, et aux dauphins errants qui regardent d'un oeil bleu, je vous en prie, comblez de vos faveurs les jeunes enfants qui vous offrent des sacrifices, car c'est vous qui les premières avez fait des fêtes avec l'auguste Bacchus, avec la déesse Proserpine, avec la mère Calliope et le puissant Apollon.

XXIV.

PARFUM DE PROTÉE.

Le Styrax.

Je t'honore, Protée, toi qui tiens les clés de la mer, Protée Primigène, toi qui d'abord pousses la nature dans ses limites, toi qui changes de différentes manières les lois sacrées de la matière, toi qui sais toutes les choses qui sont, toutes celles qui furent d'abord et celles que l'avenir nous réserve, car dans le principe la nature te confia tous ses secrets ; c'est pourquoi sois-nous propice, donne-nous des oracles véridiques et accorde à notre vie une fin heureuse.

XXV.

PARFUM DE LA TERRE.

Toutes semences excepté les Fèves et les Aromates.

O Terre, grande déesse, mère des dieux et des hommes, déesse puissante, large, fertile en toutes choses, toujours jeune, toujours chargée de beaux produits ; vierge habile, fondement du monde éternel ; toi qui enfantes tous les fruits différents, déesse auguste, éternelle, bienheureuse, fière d'être ornée des herbes du gazon, avide de pluie ; déesse autour de laquelle flottent les espaces semés d'astres et le ciel éternel, mère déesse, augmente les productions verdoyantes de la terre et soir-nous propice avec les saisons favorables.

XXVI.

PARFUM DE LA MÈRE DES DIEUX.

Plusieurs espèces de parfums.

Mère très-auguste de tous les dieux, viens à nous, grande déesse, accours aux sacrifices que nous t'offrons, attèle à ton char les lions terribles qui tuent les taureaux. Reine éternelle de l'univers, célèbre et justement honorée, toi qui te tiens au centre du monde, parce que, bonne déesse, tu commandes à toute la terre et tu nourris les hommes de ton lait divin ; c'est de toi que les dieux et les mortels tirent leur origine, c'est par toi que coule l'élément liquide et la mer elle-même ; on t'appelle Vesta, on te nomme aussi la dispensatrice généreuse des biens, parce que tu accordes aux hommes tes nombreux bienfaits. Viens à nous, ô déesse qu'on vénère en frappant sur les tambours sacrés, déesse victorieuse, protectrice des Phrygiens, grande épouse de Saturne, habitante du ciel, toi qui nourris les hommes, viens assister au culte sacré que nous t'adressons.

XXVII.

PARFUM DE MERCURE.

L'encens.

Fils bien-aimé de Maïa et de Jupiter, dieu voyageur, messager des immortels, doué d'un grand cur, censeur sévère des hommes, dieu prudent aux milles formes, meurtrier d'Argus, dieu aux pieds ailés, ami des hommes, protecteur de l'éloquence, toi qui aimes la fourberie et les combats, interprète de toutes les langues, ami de la paix, qui portes un caducée sanglant, dieu heureux, dieu très-utile, qui présides aux travaux et aux nécessités des hommes, généreux auxiliaire pour la langue des mortels, accorde à mes prières une fin tranquille à mon existence, accorde-moi d'heureux travaux, un esprit doué de la mémoire et des discours choisis.

XXVIII.

HYMNE DE PROSERPINE.

Sois-nous favorable, Proserpine, fille illustre du magnanime Jupiter, déesse monogène, sois apaisée par cette libation ; épouse honorée de Pluton, déesse nourricière, qui domines le sombre Arverne dans les profondes entrailles de la terre, descendante illustre de Jupiter, génératrice des Euménides, déesse des enfers, que Jupiter engendra d'une semence mystérieuse ; mère de Velthurnus, toi qui domines les tempêtes, déesse aux belles formes, illustre, front orné de cornes, vierge aimée des mortels toi qui aimes à respirer le souffle délicieux des gazons, toi qui te plais à voir la végétation verdoyante de la terre, toi qui apportes également aux mortels la vie ou la mort , et qu'on appelle à cause de cela Proserpine (Pherséphonie), car tu fais vivre et tu fais mourir également, protége-nous, grande déesse ; fais pousser les moissons hors de la terre, accorde-nous la force et une santé toujours active, une vie heureuse et favorable au pied de tes autels et de ceux du terrible Pluton.

XXIX.

PARFUM DE BACCHUS.

Le Styrax.

J'honore Bacchus, qui fait un bruit effrayant, primigène, ayant une double nature et qui est trois fois revenu au monde. Bacchus, qui portes des cornes, dieu sauvage, agreste, obscur, double forme ; dieu couronné de feuilles d'arbres, dieu au front de taureau, dieu aimable, qui portes une guirlande de roses, dieu prudent, conseiller de Jupiter et de Proserpine ; dieu très-pur, uni aux immortels par des liens mystérieux, écoute favorablement nos supplications, sois-nous favorable, et plein de doux sentiments pour tous ceux qui sont rassemblés ici, viens au milieu de nous.

XXX.

HYMNE DES CURÈTES.

Curètes, habiles danseurs, qui revêtus d'armures précipitez vos pas, et de vos pieds légers faites sur la terre des sauts prodigieux, porteurs d'armes, vigilants, voleurs et prêtres de la grande déesse qui se plaît sur les montagnes, écoutez favorablement nos prières et que votre âme soit toujours bienveillante pour le bouvier.

XXXI.

HYMNE DE MINERVE.

Fille illustre de Jupiter, engendrée toute seule, déesse Minerve, déesse immortelle, terrible, heureuse, qui aimes les bruits retentissants de la guerre, déesse célèbre qui habites les cavernes, qui te plais dans les palais élevés au milieu des rochers et sur les sommets verdoyants des montagnes, déesse puissante par les armes et qui glaces de terreur les curs des mortels, vierge Bellone, qui te plais aux terribles exercices des batailles, illustre dans les arts, inaccessible aux ennuis, meurtrière de la Gorgone, redoutable pour les mortels impies, bienveillante et pleine de sagesse pour les hommes de bien, enfantant la guerre, déesse honnête, vengeresse de Titan, vierge inexorable pour les méchants, maintenant dans la nuit comme aux derniers instants de notre vie, sois-nous favorable, accorde-nous une paix heureuse et des jours tranquilles ; déesse illustre et habile, sois propice à nos vux.

XXXII.

PARFUM DE LA VICTOIRE.

La Manne.

Je te supplie, Victoire toute-puissante, la plus douce des divinités pour tous les mortels, toi qui décides entre les bataillons armés, auquel des deux partis doit être accordé le prix de la bataille, à qui lu dois donner la palme en comblant ainsi tous ses vux les plus ardents, car c'est toi qui décides tout, c'est toi qui décernes le triomphe couronné de rameaux verdoyants : viens donc à nous, illustre déesse, nous bénirons toujours tes oeuvres et nous t'environnerons de louanges.

XXXIII.

PARFUM D'APOLLON.

La manne.

Je t'implore, Phoebus, dieu illustre dans la médecine ; Phoebus Lycoréen, meurtrier de Titye, dieu vénérable de Memphis, dispensateur de la santé et des honneurs ; Apollon qui portes une lyre ; Titan célèbre, dieu de Smynthée, qui tuas te serpent Python ; toi qui portes la lumière, dieu champêtre, noble, adolescent ; Musagète, chef des muses, toi qui lances au loin tes flèches, dieu jumeau, habitant des collines, roi de Délos, qui d'un regard bienveillant distribues aux hommes les flots de la lumière divine ; dieu à la chevelure d'or, dont les préceptes et les oracles sont infaillibles, regarde-moi favorablement du haut du ciel, moi qui prie pour le peuple : car tu vois au-dessus des plaines immenses du firmament, au-dessus de la terre féconde ; et durant les heures silencieuses de la nuit obscure tu reposes sous les flammes célestes des astres. Tu as planté tes racines plus profondément encore, tu tiens jusqu'aux limites du monde, tu es le principe et la fin. Tout fleurit autour de toi : tour à tour tu chantes sur ta lyre les demeures célestes et tu descends jusqu'aux confins les plus éloignés de ta demeure ; tu conduis le ciel entier suivant le mode dorien, tu varies les générations animées, tu distribues également aux hommes les saisons, tu leur accordes des destinées pareilles, tu entremêles également l'été et l'hiver : pendant que tu donnes l'hiver à ceux qui habitent ce côté de notre globe, tu donnes l'été aux autres, et tu ramènes d'après le mode dorien le printemps délicieux pour les mortels ; aussi les hommes t'ont surnommé avec justice le dieu Pan, qui porte des cornes et qui domine le souffle des vents. Toi qui commandes aux constellations des cieux, sois-nous favorable, écoute les vux suppliants de tes prêtres.

XXXIV.

PARFUM DE LATONE.

La Myrrhe.

O Latone, qui as engendré deux enfants, déesse vénérable, déesse au voile d'azur, déesse au grand cur, déesse illustre, comblée de vux, tu as mérité de concevoir dans les bras de Jupiter et d'enfanter deux enfants, Phoebus et Arthémis-Diane aux flèches puissantes, celui-ci dans l'île de Délos et celle-là dans la Haute-Ortygie, grande déesse, sois-nous donc favorable, regarde d'un oeil propice les sacrifices que nous t'offrons.

XXXV.

PARFUM DE DIANE.

La Manne.

Sois-nous favorable, ô grande reine, vierge célèbre, fille de Jupiter, déesse titanienne, déesse au grand cur, aux flèches puissantes, déesse de la chasse aux filets, déesse visible pour tous, déesse qui portes une torche, toi qui présides aux enfantements et qui toujours en as été exempte, toi qui délies ta ceinture, toi qui rends furieuse, Diane chasseresse, qui cours la nuit, déesse dangereuse, redoutée et estimée, aux formes masculines, sainte nourrice des hommes, déesse incorruptible, déesse sauvage, puissante et bienheureuse, meurtrière des bêtes féroces, chaste divinité qui habites les forêts et qui tues les cerfs ; reine auguste, et qui jouis d'un âge toujours florissant, déesse des bois, déesse de la Crète, viens à nous, sois-nous favorable, apporte-nous les présents délicieux de la terre, les dons charmants de la paix, la santé précieuse, et relègue toutes les maladies sur des monta gnes éloignées.

XXXVI.

PARFUM DES TITANS.

L'Encens.

Titans, race illustre de la terre et du ciel, ancêtres de nos pères, habitant dans les entrailles du globe des demeures horribles, au milieu de l'empire tartare ; principe et semence de tout ce qui respire, de l'air, de la mer et de la terre qui porte des fruits ; c'est de vous que proviennent toutes les générations des hommes ; je vous adore ; éloignez de nous les colères dangereuses s'il s'en trouvait qui vinssent menacer nos maisons.

XXXVII.

PARFUM DES CURÈTES.

Curètes retentissants, Saliens qui portez les boucliers de Mars, riches habitants de l'air, de la terre et de la mer, souffles générateurs, semences conservatrices du monde, vous qui, demeurant dans les lieux sacrés de la Samothrace, courez à pleines voiles à travers l'océan jusqu'aux extrémités du monde, vous avez les premiers enseigné les sacrifices aux mortels ; Saliens éternels qui portez les boucliers de Mars, vous frappez l'océan, la mer et les chênes élevés ; vous frappez la terre du pied dans vos bonds prodigieux, et vous faites étinceler vos armes en les agitant. Toutes les bêtes féroces tremblent, le bruit et le fracas se répandent à travers les immensités azurées du ciel. Leurs pieds agiles font jaillir des nuages de poussière qui les environnent, et l'éclat des fleurs verdoyantes est terni. O génies éternels, lorsque la colère des dieux tombe sur les hommes, vous leur enlevez aussitôt leurs richesses, leur nourriture et vous frappez les coupables eux-mêmes. Alors l'océan fait entendre d'étranges mugissements, les chênes tombent avec fracas sur le sol, et l'écho céleste retentit du bruit de leur chute. O Curètes, Corybantes, redoutables et tout-puissants princes de la Samothrace, descendants illustres de Jupiter, souffles éternels, vous qui aimez le froid, vous qui habitez les temples des deux ciels, vous dont le souffle est agréable et donne la santé, dieux qui amenez les saisons, qui engendrez les fruits, dieux tout-puissants, salut.

XXXVIII.

PARFUM DE LA MÈRE CÉRÈS D'ÉLEUSIS.

Le Styrax.

Bonne Cérès, mère des dieux, la plus illustre des divinités, vénérable déesse, dispensatrice de tous les biens, toi qui nous donnes les fruits et les moissons, toi qui n'aimes que la paix et les travaux de la campagne, Cérès qui sèmes les guérets, qui les fertilises, et leur fais produire des récoltes, qui règnes dans les sanctuaires de l'étroite Éleusis, nourrice aimable, douce et bienveillante des mortels, qui la première as appris aux laboureurs à joindre les bufs sous le joug, à les atteler à la charrue, toi qui par tes charmes rends la vie agréable et facile pour les hommes ; amie de Bacchus déesse justement honorée, toi qui fais croître les moissons et te plais à les voir faucher ; déesse qui souris à tous les hommes, mère pleine de tendresse pour ta fille nourricière céleste, qui, joignant des couleuvres sous les rênes de ton char, te promènes par de larges détours dans les champs sacrés ; déesse unigène, vénérée des mortels, à qui s'adressent les prières et les vux accompagnés d'offrandes et de fruits, me voilà devant toi chargé d'un beau présent d'épis ; accorde-nous la paix et la concorde, qui respecte tous les droits sacrés ; accorde-nous les abondantes richesses de la fertilité et la santé, le plus précieux de tous les dons.

XXXIX.

ENCENS DE MISA.

Le Styrax.

J'invoque Bacchus, porteur d'une férule, Bacchus législateur, illustre divinité à deux sexes, reine pure et sacrée, homme et jeune fille à la fois, femme à doubles formes, soit qu'il s'abandonne à la joie dans le temple odorant d'Éleusis, soit que, dans la Phrygie, il accomplisse des mystères sacrés avec la mère des dieux, soit qu'elle séjourne dans Cypre avec la charmante Cythérée, soit qu'elle se livre à la danse au milieu des champs couverts de moissons avec sa mère sacrée Isis, et qu'elle se trouve au milieu de ses prêtresses sur les bords de l'Égyptus ; sois-nous favorable, grande déesse et accorde-nous des récompenses sacrées.

XL.

PARFUM DES SAISONS.

Les Aromates.

Saisons, filles chéries de Jupiter et de Thémis, paix bienheureuse, la plus féconde des déesses, vous qui nous comblez de biens ; Saisons verdoyantes, fleuries en gazons, pures et délicieuses ; Saisons aux mille couleurs et respirant une charmante haleine ; Saisons toujours vertes, toujours changeantes et bien aimées ; compagnes des jeux de Proserpine, qui portez des fleurs dans vos tuniques ondoyantes de rosée lorsque les parques et les grâces la rappellent des charmants détours des bois afin qu'elle assiste à leurs solennités par l'ordre de Jupiter et de sa mère Cérès, qui produit des fruits, soyez favorables à nos pieux sacrifices, apportez-nous le secours des douces haleines qui font mûrir les fruits.

XLI.

PARFUM DE SÉMÉLÉ.

Le Styrax.

Je t'invoque, fille illustre, née du prince Cadmus, belle Sémélé, beauté au sein ravissant, mère de Bacchus joyeux, qui porte une férule ! Jeune fille, tu conçus de l'éternel Jupiter, et la foudre fit sortir ton fils de tes entrailles. La florissante Proserpine te jugea digne de l'honneur de le faire participer aux Triennales, qui sont instituées pour célébrer ton fils Bacchus Je t'en prie, déesse, née du prince Cadmus, sois favorable à tes prêtres, sois-nous propice.

XLII.

HYMNE DE BACCHUS BASSARÉEN (2) ET TRIENNAL.

Je t'invoque, illustre Bacchus, né par la foudre ; sois-nous favorable, dieu qui portes des cornes, Bacchus Bassaréen, dieu indomptable, toi que charment les épées, les combats et les Ménades sacrées. Bacchus insensé, furieux, qui portes le thyrse, sois favorable aux mortels qui habitent la terre sacrée, accorde-leur des présents qui les rendent heureux.

XLIII.

PARFUM DE LICNITUS (3).

La Manne.

Je vénère et j'adore avec des vux et des prières Bacchus, dieu sans vêtement, dieu à la poitrine florissante, dieu de la persuasion, dieu bien-aimé des nymphes et de Vénus à la belle chevelure, qui parcourt les bois en frappant la terre du pied en mesure, accompagné de nymphes et de femmes en délire ; toi qui, d'après l'avis de Jupiter, fus élevé par Proserpine et devins la terreur des dieux immortels, sois-nous favorable et regarde d'un oeil propice le présent que nous t'offrons.

XLIV.

PARFUM DE BACCHUS.

Les Aromates.

J'invoque Bacchus, cultivateur de la vigne, lui qui, se promenant autour des maisons des Cadméens, apaisa les incendies de la terre. Lorsque des fleuves de flamme inondaient la terre de leurs flots tourbillonnants, lui seul arrêta leurs progrès. Sois-nous donc favorable, ô Bacchus, et que ta lèvre nous soit souriante.

XLV.

PARFUM DE SALAZIUS.

Les Aromates.

Écoute-moi, Salazius tout-puissant, fils de Kronos (Saturne), toi qui as recélé dans ta cuisse Bacchus, dieu bruyant et inquiet, afin qu'ensuite il pût se retirer sur le mort sacré Tmolus, où se trouvait Ippia sa nourrice aux belles joues. Sois-nous donc favorable, ô roi de Phrygie, le plus puissant des habitants du ciel, et accorde tes faveurs à tes prêtres.

XLVI.

PARFUM D'IPPA.

Le Styrax

J'invoque Ippa, nourrice de Bacchus, déesse qui célèbre les mystères sacrés des Saliens dans des assemblées où brille la flamme et par des churs qui se réunissent la nuit. Je t'en supplie, bonne mère, déesse bienveillante, soit que tu parcoures les sommets sacrés du mont Ida en Phrygie, ou le mont Tmolus, bien-aimé des Lydiens, regarde-nous, je t'en conjure, d'un oeil bienveillant.

XLVII.

HYMNE DE BACCHUS LENÉUS, ( DIEU DU PRESSOIR ), QUI DÉLIVRE DE TOUS LES MAUX.

Race illustre de Jupiter, écoute-moi, ô Bacchus, qui as eu deux mères ; semence digne d'honneurs, dieu célèbre, dieu très-saint, germe secret des dieux, joyeux Bacchus, toi qui augmentes et fécondes les fruits et les moissons de la terre ; dieu magnanime, dieu redoutable, dieu aux formes variées, remède des mortels, fleur sacrée, toi qui les délasses de leurs travaux, heureux sujet de joie pour tous les hommes, dieu à la chevelure bien soignée, toi qui délivres de tous les chagrins, ami de tous, soit que tu favorises les dieux où les hommes, je t'en prie, sois-nous propice.

XLVIII.

PARFUM DES NYMPHES.

Les Aromates.

Nymphes, illustres déesses, race de l'illustre océan, qui demeurez sous les profondeurs de la terre dans des habitations liquides ; nourrices secrètes de Bacchus, joyeuses divinités des pénates , divinités fleuries qui errez aux angles des chemins, habitantes des cavernes et des antres, vous qui volez dans les airs, nymphes des fontaines, nymphes errantes qui répandez la rosée, nymphes aux pieds ailés, visibles et invisibles, courant et dansant avec les faunes sur le sommet des montagnes ; nymphes des rochers, des forêts ; nymphes qui animez toutes choses, nymphes à la douce odeur, à la blancheur éclatante et qui respirez de doux zéphyrs, amies des bergers et des chevriers, tendres nourrices qui habitez au fond de toutes choses, amadriades dont la demeure est dans les chênes ; ô vous qui volez dans les airs, amies du printemps, soyez favorables aux mortels avec Cérès et Bacchus, et, nous regardant d'un oeil bienveillant, envoyez-nous les haleines agréables des douces saisons.

XLIX.

PARFUM DE BACCHUS TRIENNAL.

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Publié dans alliés substanciels

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